Phémina 2020

Sandrine Bouillon

Née à Paris en 1966, je m’intéresse à la photographie à l’âge de 22 ans grâce à un ami passionné qui possède du matériel et un labo photo et va m’initier à la technique dans un premier temps. Avec lui, cela me semble bien laborieux et compliqué, je vais donc pratiquer mollement pendant plusieurs années, mon intérêt se portant sur d’autres arts dont le théâtre.

Puis je reviens à l’image fixe par le biais du petit photo club de ma ville, où j’apprends surtout le tirage argentique noir et blanc. A cette époque, je considère cette activité comme un loisir, rien de plus. J’arrête au bout de deux ans. Le numérique pointe et je me contente alors d’un compact comme garde souvenirs. En 2009, la faim se réveille. J’investis dans un reflex numérique. Me retrouvant seule l’été suivant, je décide de m’inscrire à un voyage photo avec Aguila en Aubrac. Là, c’est la révélation. Je suis subjuguée par les lumières de l’aube sur ces paysages désertiques, envahie par la beauté et le rendu de mes premiers clichés. J’entrevois tout le potentiel de ce médium pour transmettre mes émotions. La passion est née et n’aura de cesse de grandir. J’enchaîne les voyages photos et m’inscris parallèlement au photo club d’Antony. Propulsée par mon enthousiasme, je réalise ma première exposition à la médiathèque de Bagneux en 2011. En 2012, je rentre au club de Paris Val de Bièvres et remporte le 2ème prix couleur du festival des femmes d’Alfortville, ce qui me permettra d’exposer l’année suivante une série autour du lac d’Annecy. J’ai exposé en 2018 au salon de la photo du Plessis-Robinson et un extrait de ma série « ma part d’enfance » a été publié dans France Photographie. Depuis 3 ans, je participe à des workshops avec des photographes de renom afin d’affiner mon écriture photographique ; Eric Bouvet, Cédric Delsaux, Sylvie Hugues et Jean-Christophe Béchet en Champsaur, Denis Dailleux et Paolo Verzone pour le portrait et la lumière, Claudine Doury en Arles et un atelier d’accompagnement de projet sur l’année 2017 avec Michaël Duperrin.

En 2019, j’ai suivi la Masterclass animée par 3 experts, la photographe Flore, Sylvie Hugues et Adrian Claret pendant 8 mois, ce qui a donné naissance à ma série « René, tante Su et les vosgiens ». Cette série sera exposée en décembre 2019 à la galerie Daguerre et en février 2020 à l’hôtel Solar à Paris.

René, tante Su et les vosgiens

Rochesson, Basse-sur-le-Rupt, Gerbamont, ces petits villages des Hautes-Vosges abritent René, Suzanne, Maurice, Pierre et bien d’autres voisins depuis toujours. Ils ont connu le travail de la terre à la charrue et aux bœufs, les kilomètres à pied dans le froid et la neige pour se rendre à l’école, l’absence d’électricité, le maquis et les représailles allemandes … Leur simplicité, authenticité, humilité, leur générosité, leur lien indéfectible à la nature, la rudesse de leur travail, les épreuves, la joie de vivre malgré tout, s’inscrivent sur leurs visages, dans leurs intérieurs. Ces rencontres ont un parfum d’antan, d’un temps disparaissant avec eux, derniers résistants au capitalisme et consumérisme galopant, d’un temps où l’on prenait le temps et où l’essentiel n’était pas matériel.

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